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Cette start-up remplace les engrais chimiques par des champignons de terroir

Champignons de terroir

Ces biostimulants devraient être commercialisés en 2022. Les champignons mycorhiziens structurent le sol, nourrissent la vigne, et la protègent de la salinité, de la chaleur, et des métaux lourds.

A Montpellier, la jeune société Mycea connaît un été fructueux. En juillet, elle a d’abord remporté le Grand Prix du concours I-Lab pour son projet Be-Safe, visant à mettre de nouvelles molécules de biocontrôle à disposition des agro-industriels. « Nous sélectionnons actuellement des champignons capables d’aider les cultures à lutter contre différents pathogènes, dont le mildiou de la vigne » annonce Dominique Barry-Etienne, présidente de la start-up.

Extraire les principes actifs intéressants prend du temps. Les viticulteurs devront encore attendre plusieurs années avant d’y avoir accès. Dans un avenir beaucoup plus proche, Mycea pourra en revanche leur proposer des biostimulants de terroir à base de champignons.

« L’idée est ici de remplacer les apports d’engrais chimiques par des inoculations de champignons mycorhiziens adaptés à leur terroir. Nous avons initié le projet l’année dernière, en commençant par caractériser des souches dans différents sols du Languedoc-Roussillon, puis à Bordeaux, en Bourgogne, en Champagne, dans les Côtes du Rhône et en Camargue.»

En plus de nourrir la vigne, Mycea cherche à découvrir quels sont les champignons qui améliorent le plus la structure du sol, ceux qui protègent la vigne de la salinité, l’aident à résister à la chaleur, ou encore ceux qui captent les métaux lourds. 

Les champignons sont sensibles au travail du sol 

L’entreprise a aussi comparé les populations présentes dans les parcelles conduites de manière conventionnelle ou en agriculture biologique. Elle a découvert que les champignons sont sensibles au travail du sol et à l’application d’engrais chimiques et de pesticides.

L’enherbement a quant à lui un effet positif sur les populations, avec des différences selon les plantes semées. « On peut par exemple s’attendre à avoir trouver plus de spores lorsque l’on a des légumineuses, alors que la moutarde ou le colza ne changent rien, car ce ne sont pas des plantes-hôtes » poursuit Patricia Laclau, chef de produits biostimulants.

Mycea a réalisé de premiers essais d’implantation dans des vignes en pot, avec des résultats très concluants. Elle va désormais pouvoir poursuivre ses essais au champ , la région Occitanie venant de lui accorder une subvention.

Essais au champ

« Depuis le printemps, nous implantons différentes populations dans des plantiers ou dans des parcelles de vignes adultes » reprend Patricia Laclau.

« Pour les vignes adultes, il faut passer avant le débourrement pour que les champignons soient actifs durant la croissance végétative. La vigne envoie d’abord un signal chimique aux champignons pour déclencher la germination des spores et la colonisation de ses racines. Il faut compter un mois. Puis, il faut encore attendre un mois avant que la symbiose n’opère pleinement, et que la vigne transmettre des sucres et des lipides aux champignons en échange de l’eau et des nutriments qu’ils puisent plus profondément dans le sol grâce à leurs filaments. »

Si tout se passe comme prévu, l’entreprise pourra commercialiser ses premiers biostimulants en 2022. « Une fois qu’un viticulteur les aura inoculés, s’il ne multiplie pas les traitements, ses vignes devraient retrouver l’autonomie que les apports d’engrais chimiques lui avaient fait perdre » conclut Patricia Laclau.

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