Logo du site
Logo du site

Des astuces pour éviter les dépenses inutiles en produits de biocontrôle

« Nous récupérons les cahiers de traitement de 40% du vignoble de l’Yonne. En 3 ans, la part du biocontrôle est passée de 16 à 24% de l’IFT des viticulteurs hors désherbage. C’est une bonne nouvelle, mais cette progression n’a pas que du bon » prévient Guillaume Morvan, chargé de la coordination de l’équipe vigne de la Chambre d’agriculture de l’Yonne.

« Une partie de ces produits ne sert à rien » pose-t-il. « En complément des produits phytosanitaires classiques, les produits de biocontrôle n’ont d’intérêt que si la pression mildiou ou oïdium est modérée, explique-t-il, or beaucoup de viticulteurs les utilisent aussi en cours de saison alors que la pression est faible, ou quand la pression est très forte, ce qui n’apporte pas de protection supplémentaire ».

« La météo joue souvent des tours »

L’utilité des produits de biocontrôle dépend aussi de la météo. Guillaume Morvan l’illustre en prenant l’exemple des phosphonates, les plus utilisés. « Les viticulteurs pulvérisent du Redeli ou un autre produit en même temps que le cuivre pour qu’il prenne le relai lorsqu’il sera lessivé. S’il ne pleut pas dans les huit jours, c’est sans intérêt. S’il pleut beaucoup, ce n’est pas suffisant ».

Le conseiller constate aussi que beaucoup font de mauvais choix d’associations. « Lorsque l’on utilise un stimulateur de défenses ou un phosphonate, il ne faut pas mettre un antimildiou systémique mais un produit de contact » rappelle-t-il. Les viticulteurs n’ont pas encore beaucoup de repères. « Les produits de biocontrôle ont été mis sur le marché très rapidement. Au final, ce sont les viticulteurs qui les testent » reconnait Guillaume Morvan.

Pour leur éviter les dépenses inutiles, le coordinateur a quelques astuces à leur donner. Sur mildiou, il estime que les produits de biocontrôle ne présentent la plupart du temps un intérêt que lorsqu’ils sont utilisés seuls avant la floraison, et tant que la pression des pathogènes est faible. « Cela peut suffire à contenir le développement des maladies, avec un IFT hors produits de biocontrôle qui reste à zéro ».

lls sont plus utiles en association avec le soufre pour lutter contre l’oïdium. « 3 kgs d’Armicarb et 2 kgs de soufre donnent souvent de bons résultats » constate Guillaume Morvan.

Peu efficaces contre le black-rot et les insectes

Selon lui, aucun produit de biocontrôle ne fait barrière au black-rot. « Et les insecticides ne sont pas plus efficaces que les produits que les viticulteurs avaient déjà à leur disposition » estime-t-il.

Les produits de biocontrôle peuvent en revanche se montrer efficaces contre le développement du botrytis. « Mais ceux qui sont constitués de bactéries ou de champignons sont très difficiles à maîtriser. On ne sait jamais s’ils vont marcher et je n’ai pas tendance à les préconiser ».

« Une béquille contre botrytis »

Guillaume Morvan reconnaît néanmoins qu’ils ont eu le mérite de faire sauter le pas aux vignerons qui n’osaient pas réduire leur utilisation d’antibotrytis classiques. « A l’approche des vendanges, l’Armicarb ou le Mevalone leur ont servi de béquille ». En 2018, 40% des viticulteurs chablisiens avaient recours aux antibotrytis. L’an passé, ils n’étaient plus que 10%.

Il recommande aux viticulteurs de ne pas construire le calendrier de traitement en associant systématiquement un produit de biocontrôle aux phytos classiques. « S’ils traitent quatre ou cinq fois, deux passages avec Roméo, par exemple, suffisent largement, à déclencher en fonction de la météo ».

Guillaume Morvan rappelle aussi que l’utilisation des produits de biocontrôle est encadrée par une réglementation, avec des délais avant récolte et un nombre d’applications à respecter. « Comme avec les produits classiques, ils peuvent très bien se faire pincer par les agents de la DRAAF pour mauvais usages de produits phytosanitaires s’ils passent trop souvent ou remplissent mal leur cahier de traitement » conclut-il.

Articles en rapport
Une application gratuite qui recrée du lien entre les viticulteurs et leurs voisins
rencontres-vitisphere.fr 2021