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Des chercheurs bloquent la germination du mildiou sans pesticides

Cette découverte pourrait révolutionner la lutte contre le mildiou. Une équipe milanaise a réussi à synthétiser un aptamère peptidique capable d’inhiber l’enzyme responsable de la formation des tubes germinatifs du champignon pathogène.

« NoPv1 » pour « No Plasmopora viticola 1 ». C’est le nom de la combinaison prometteuse de huit peptides qu’une équipe de chercheurs de l’Université de Milan vient de mettre au point.

Cet « aptamère » peptidique inhibe l’enzyme « PvCesa2 », pour « Plasmopora viticola cellulose synthase 2 », un enzyme clé pour le mildiou car il permet la formation du tube germinatif des zoospores. Sans ce tube, le champignon pathogène ne peut pas pénétrer dans les stomates de la vigne et l’infecter.

De nombreux essais ex et in vivo ont convaincu les universitaires de l’efficacité de cette biotechnologie.

Aussi efficace que du Kocide 2000

Les chercheurs ont d’abord inoculé des disques de feuilles de pinot noir, en appliquant soit uniquement des spores de mildiou, ou en co-inoculant à la fois des spores et des gouttelettes de l’aptamère NoPv1. Au bout de 7 jours, les premières feuilles étaient couvertes de tâches blanches, alors que celles qui avaient reçu 200 µM de NoPv1 ne présentaient pas le moindre symptôme.

Ils ont ensuite testé plusieurs concentrations et moments d’application. « 800 µM sont aussi efficaces qu’une pulvérisation du fongicide à base de cuivre Kocide 2000 » indiquent-ils. « L’idéal est d’appliquer NoPv1 dans les sept jours qui précèdent l’infection. »

Au cours de leurs essais, les chercheurs n’ont constaté aucun impact négatif de l’aptamère peptidique sur le tissu foliaire.

Inoffensif pour les autres organismes 

NoPv1 s’est également révélé très efficace pour empêcher le mildiou de se développer sur de jeunes plants en pots. Quelle qu’ait été sa concentration, il n’a jamais dégradé l’activité photosynthétique de la vigne.

Redoutable contre le mildiou mais inoffensive sur les végétaux, la technologie pourrait constituer une vraie alternative aux produits phytosanitaires, d’autant que l’enzyme ciblé par « NoPv1 » n’est présent ni dans les cellules des bactéries, ni dans celles des levures saccharomyces cerevisiae, des animaux, ou de l’Homme.

Les chercheurs ont testé NoPv1 sur l’oïdium, malheureusement sans succès. Ils ont en revanche constaté un effet sur le mildiou de la pomme de terre et de la tomate.

La synthèse de ces travaux est disponible ici

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