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Des dérivés de levure et des bactéries aux résultats « prometteurs »

Tests in vitro, expérimentations sur boutures en conditions contrôlées, essais au vignoble sur des plaies de taille… Pendant 4 ans, 9 solutions à base de champignons, de bactéries, de dérivés de levure ou de substances chimiques ont été soumises à des batteries d’épreuves face à des champignons impliqués dans les maladies du bois. « L’objectif était d’établir une stratégie de protection combinatoire de la pépinière jusqu’au vignoble », explique Florence Fontaine. Professeur à l’université de Reims Champagne-Ardenne, cette chercheuse au laboratoire Résistance induite et Bioprotection des plantes a travaillé avec d’autres spécialistes de l’IFV, de l’Inrae, mais aussi d’Agrauxine by Lesaffre, Bayer et Mercier, dans le cadre du projet public-privé Advantage.

Achevé depuis le 14 janvier, le projet a permis de sélectionner deux solutions issues l’une de bactéries et l’autre de dérivés de levure. « Elles ont donné des résultats prometteurs, en combinaison avec Esquive WP, à base de Trichoderma, et commercialisé par Agrauxine by Lesaffre, a annoncé Florence Fontaine, lors du colloque Euroviti le 15 janvier au salon Sival. Toutes les combinaisons testées comprenaient ce produit dans le but d’optimiser son efficacité ».

Une baisse de la taille des nécroses

Ces solutions à base de bactéries ou de dérivés de levure ont montré in vitro en association avec Esquive un bon potentiel antagoniste vis-à-vis des champignons Eutypa lata, Diplodia seriata, Neofusicoccum parvum, Phaeocremonium minimum et Phaeomoniella chlamydospora. Toujours en combinaison avec Esquive WP, appliqué une semaine avant, elles ont ensuite présenté des résultats concluants sur boutures sous serre, en applications foliaires ou racinaires face à une inoculation artificielle par Diplodia seriata ou Neofusicoccum parvum. « Elles ont permis de réduire la taille des nécroses. Ces solutions ont la capacité de stimuler des défenses de la plante et d’inhiber certaines voies métaboliques qui conduisent la vigne dans un état résilient », souligne Florence Fontaine.

Des essais au champ sur dix parcelles en Bourgogne, Bordelais et Val de Loire en 2018 et 2019 ont confirmé les résultats encourageants de ces solutions à base de bactéries ou de dérivés de levure combinées à Esquive WP. « Nous avons constaté une tendance globale de diminution des symptômes, relève Florence Fontaine. Mais les essais doivent être poursuivis. Si les résultats sont positifs, deux nouveaux produits de biocontrôle contre les maladies du bois pourraient être disponibles d’ici 3 à 5 ans contre les maladies du bois, en combinaison avec Esquive WP ».

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